Une histoire pour lui parler d’elle

Il y a quelques semaines maintenant, j’ai participé à un concours d’écriture. Un peu comme un défi pour moi même. Un joli prétexte pour me remettre à une écriture plus créative. Cela fait quelques années que je n’ai pas écrit de contes. C’est bien dommage. Il fallait que je m’y remette. Il s’agissait d’écrire un texte court calibré, avec un sujet imposé. L’un deux était « Parce que les vrais sont les gens qu’on aime non ? »

Une image s’est très vite imposée à moi. Une question aussi. 

Le concours n’a rien donné mais il m’a offert à moi l’envie de reprendre l’écriture de contes. Et peut être qu’un jour j’oserai enfin écrire les livres pour enfants dont je rêve. Je me suis aussi remise au dessin alors je me lancerai peut être…

Je vous laisse (re)découvrir mon texte avec une version sans coupe. N’hésitez pas à me dire si cela vous parle et si vous avez des conseils à me donner pour parler de cette histoire, notre histoire à mes filles.

Qu’y a t-il derrière la porte ? Derrière la porte, il y a un escalier. Si on descend cet escalier, il y a la rue. Par delà les rues, la ville. Et après, il y a quoi ? Après la ville, il y a la campagne. Des étendues de routes et de chemins. Si l’on suit le petit chemin aux cailloux bleus, si l’on traverse les forêts, on arrive dans un tout petit village normand. Le village de Marguerite, que l’on appelle ainsi parce qu’il est couvert de fleurs blanches à long pétales, que l’on égraine pour demander à la jolie fleur si notre amour nous aime.  Par delà le minuscule clocher, et les champs se trouve une maison aux volets bleus. C’est la maison de papi.

La maison de papi parait bien grande parfois. Il va alors dans le jardin et guette le bruit des voitures qui annonce le rire joyeux de ses petits enfants.
Il y a de grands massifs d’hortensias roses et bleus tendres. Et un petit banc en bois où maman s’assoit longuement en silence quand elle est là.
Quand Salomé va en vacances chez papi, elle aime bien regarder les photos qu’il y a partout. Sur les murs, posés sur le bureau ou la cheminée. Les cadres sont un peu poussiéreux. Salomé passe le doigt dessus et dessine avec les contours des visages. Ça raconte les aventures de maman petite.
Le soir, au moment de se coucher, elle a des questions plein la tête mais elle n’ose pas toujours les poser. Et puis, une fois, après l’histoire du soir, elle prend son courage à deux mains. Elle se love dans les bras de maman et lui dit:

« Dis maman. Elle est où ta maman à toi ? Pourquoi elle est pas là? »

Maman a les yeux un peu humides, mais ça ne dure pas. Très vite un grand sourire se dessine sur son visage.

« Regarde par la fenêtre. Tu vois les étoiles là-bas dans le ciel. C’est là que s’en vont les supers héros.

Mamie, elle n’avait ni cape ni épée. Son super pouvoir, c’était de rendre les gens heureux.

Elle savait dessiner des princesses. Cuisiner les meilleurs puddings au chocolat du monde. Chanter des airs d’opéra. C’était la championne des grattouilles.

Mamie c’était une princesse rebelle qui défendait les filles pour qu’un jour elles puissent devenir docteur, avocate ou chef cuisinier si elles en ont envie.
Elle savait mettre ko les microbes presque à chaque fois. Encore plus forte qu’une catcheuse sur le ring.
Un jour, mamie elle a perdu son combat. Mais elle a dit que dans les étoiles, elle continuerait à veiller sur moi. Alors un peu sur toi aussi.

Elle est là dans la brise de vent qui caresse ton visage. Dans ton rire quand tu sautes dans les flaques. Quand je te chante la berceuse du soir, c’est un peu de mamie qui m’accompagne.

Tu sais ma chérie, les filles aussi peuvent être des supers héros. Et bien plus fortes qu’on ne le crois. »

Salomé attrape son doudou et sa tétine, des rêves plein la tête et le regard déterminé.

« Tu sais maman, je crois que veux être comme mamie quand je serai grande: une princesse rebelle qui fait du karaté aux microbes. »

Cette nuit-là, Salomé et maman sont restées longtemps à regarder les étoiles par la fenêtre. Main dans la main, sans un mot, ne parlant d’autres langues que celles du coeur et du courage, comme tant d’autres mères et de filles avant elles. Comme tant de mères et de filles dans d’autres maisons que la maison aux volets bleus de papi.

 

 

 

 

 

 

A toi qui n’a pas d’enfant…

A toi qui n’a pas d’enfant, mais tellement d’idées pour élever ceux des autres.
A toi qui vit seul, mais est convaincu qu’il saurait gérer toute une tribu au quotidien.
A toi qui il n’y a pas si longtemps vivait dans le giron de sa mère, mais pense savoir ce que sait d’être un bon parent.

Il y a des fois où tu m’agaces avec tes remarques désobligeantes sur ma façon de tenir tant bien que mal le ménage de mon appartement.
Il y a des fois où tu me mets en colère quand tu reprends mes enfants devant moi, comme si ton autorité prévalait sur la mienne.
Il y a des fois où tu m’amuses quand tu te lances dans des grands discours sur l’éducation, forcément meilleure, que tu donneras à ta future descendance.

Et pourtant, si tu savais les nuits sans sommeil et les journées sans trêve quand on s’occupe de nourissons.
Et pourtant, si tu savais combien il est difficile de tenir les beaux principes simplement parce que l’on est face à des enfants réels et non rêvés.
Et pourtant, si tu savais que l’on se retrouve parfois bien esseulés et mal informés quand on est jeune parent. Devant tenir seul (e) la baraque, ou à deux lorsque comme moi on est chanceux.

Alors, je me prends à imaginer que les valises que tu as sous les yeux ne sont pas dues aux vapeurs des nuits d’alcool, mais d’un petit bébé fêtard.
Alors, je me prends à imaginer que tes vêtements sont tachés par des cacas fuyants et des reflux.
Alors, je me prends à imaginer ta maison croulant sous le linge entassé, les papiers en attente, la vaisselle dans l’évier.

Si je suis sincère, je ne te souhaite pourtant pas l’angoisse d’une grossesse au lit avec une menace planant sur le bébé.
Si je suis sincère, je ne te souhaite pourtant pas les régimes drastiques et les piqures d’insuline
Si je suis sincère, je ne te souhaite pas non plus les vomissements dix fois par jour jusqu’à l’accouchement.

Je n’ai pas envie non plus, que le bébé arrive au bout de 53h …
Je n’ai pas envie non plus, que son petit coeur ralentisse et qu’on doive le sortir d’urgence à coups de ciseaux et de forceps.
Je n’ai pas envie non plus, que la naissance de ton enfant soit accompagnée de douleurs physiques et psychologiques difficiles à oublier.

Peut être que tu auras la chance, d’avoir un bébé qui dort plus de dix minutes d’affilées durant sa première année.
Peut être qu’il y aura autour de toi des personnes pouvant te soulager une heure en gardant ton enfant pour que tu dormes, ou t’offrira toute autre forme d’aide pouvant t’apporter un peu de répit et de réconfort après un tel bouleversement.
Peut être que tu échapperas aux remarques et aux conseils contradictoires qui font tant douter de soi quand on est jeune parent.

Je déteste pourtant ceux qui disent d’emblée à ceux qui n’ont pas d’enfant : « tu ne peux pas comprendre ». Je pense que c’est faux. Certains n’y arrivent pas, d’autres oui.
Je déteste les idées toutes faites sur ce que c’est qu’être un bon parent. Il n’y a pas de recettes magiques mais son propre chemin à trouver.
Je déteste être en colère contre toi, alors que j’aimerai que les jugements fassent place à un dialogue constructif.

Un jour, tu seras parent à ton tour, jugé de toute part, critiqué avant même que le bébé ne soit arrivé.
Un jour, tu seras épuisé, perdu, déboussolé.
Un jour, au lieu de me moquer de toi, je me souviendrais de ces années de grandes joies et grandes fatigues, et je te tendrai la main. Tu la prendras si tu le souhaites.

Ateliers à la loupe Musée en herbe

Ateliers à la loupe au Musée en herbe

Envie de tenter une sortie culturelle à Paris avec des enfants? En ce moment, une belle exposition se tient au musée en herbe qui nous emmène sur les traces d’artistes peintres et sculpteurs célèbres en visitant leurs ateliers. Et c’est accessible pour les tout petits !

Le musée en herbe

Je vous en avais déjà parlé sur le blog, je suis toujours à la recherche de sorties culturelles adaptées aux enfants, même bébés. Le musée en herbe est un endroit que j’adore.
Je trouve que leur projet de rendre l’art accessible aux plus petits est formidable.
De part mon métier de médiatrice culturelle, je sais comment faire avec des petits en musée, mais c’est loin d’être le cas de tous les parents. Et quand on a comme moi une petite tornade comme accompagnatrice, on n’est pas mécontent d’être dans un lieu culturel spécifique pour les petits. Pas de risque de croiser un grincheux qui dit qu’un enfant n’a pas sa place ici.
Ma petite en pleine crise des deux ans n’était pas un ange du tout quand nous y sommes allés. Pourtant, même si je n’étais pas super heureuse de la situation, je ne me suis pas sentie jugée un seul instant par le personnel. Je les ai trouvé au contraire supers patients et à l’écoute. Bébé de 6 mois dans les  bras de papa aussi, aucun souci !
Donc si vous avez des tous petits, n’hésitez pas.

Parfois les musées semblent être des lieux inaccessibles pour les « non connaisseurs » et on ne semble pas bienvenu avec des enfants. Ici c’est tout le contraire. Chaque exposition que j’ai pu découvrir au fil des années m’a beaucoup appris, même en temps qu’adulte travaillant dans ce domaine. Tout simplement parce qu’il y a une approche très ludique et décomplexée de l’art. C’est super agréable aussi bien pour les enfants que pour leurs parents. Les expositions sont en plus sur des thèmes très variés (pas de collection permanente). Donc cela vaut la peine de venir à chaque fois. J’avais ainsi redécouvert le travail d’Invader, d’Hundertwasser, Keith Haring, de Warhol et le personnage de Tintin… C’est vous dire si j’aime le lieu.

L’exposition

J’ai recommencé il y a peu le dessin et la peinture. Je rêve d’avoir mon atelier. J’épingle des images sur pinterest. Je fais des plans sur la comète. J’ai toujours eu cette impression qu’un lieu dédié à son art étant important. Que ça soit en peinture ou en écriture.
Cela m’a beaucoup plu de rentrer virtuellement dans les ateliers de ses artistes de renom par le biais du travail de Damian Elwes.

Celui-ci au fil des années a mené des enquêtes pour reconstituer les ateliers d’artistes, parfois en les visitant quand c’était possible ou à l’aide de photos quand il n’en restait plus grand chose.
J’ai trouvé que les peintures étaient très justes. Qu’elles en disaient beaucoup sur la personnalité de chaque artiste représenté (Basquiat, Warhol, Picasso…). J’ai aimé les détails posés comme des indices.
Du coup le thème de l’exposition était en effet très judicieux car il présente à la fois la démarche d’un artiste contemporain et donne le parfait prétexte pour parler des artistes dont les ateliers sont représentés. Les enfants sont donc amenés à mener l’enquête loupe à la main sur les traces de Damian Elwes. Ce qui suscite tout de suite l’intérêt.

Et le gros bonus comme à chaque fois avec le musée en herbe, c’est les petits jeux qui permettent aux enfants de s’approprier les oeuvres et mieux les comprendre.
L’atelier de Frida Kahlo propose ainsi un puzzle pour reconstituer un autoportrait de l’artiste mexicaine et une commode remplie d’accessoires et de costumes pour se vêtir comme l’artiste.
J’aurai adoré voir ma têtue dans une petite robe mexicaine brodée avec des fleurs dans les cheveux ou un sombrero… Mais vous l’avez compris, elle a un caractère aussi trempé que celui de Frida.
Si vous avez des enfants plus souples, amusez vous ensemble ! Je suis sûre que ça peut être un beau moment de complicité.

La baby visite

Cela faisait longtemps que je voulais tester cette visite mais il fallait pour cela attendre que Salomé soit assez grande. C’est une visite conçue pour les enfants de 2 ans et demi à 4 ans . Si vous avez des enfants plus grands, pas d’inquiétude, vous pouvez faire une visite libre ou alors d’autres visites sont prévues pour eux.
Les dix premières minutes étaient parfaites. J’ai trouvé que la médiatrice était investie dans son rôle et très à l’écoute des enfants en rebondissant sur leurs remarques et en les faisant participer sans que cela ne soit un interrogatoire scolaire.
Pour cette exposition Ateliers à la loupe, les enfants doivent mener l’enquête en collectant des indices dans les oeuvres. J’ai beaucoup aimé que des accessoires leurs soient proposés pour les transformer en petit Sherlock Holmes avec une casquette et une loupe. Ça rend la visite ludique et sympathique dès le départ.
Si je vous dis que c’était parfait les dix premières minutes, ce n’est pas du tout la faute de la médiatrice. La visite dure 30 minutes et je suis sûre que le reste était aussi de qualité.
Ma petite colérique avait du mal à tenir en place, donc j’ai préféré m’éclipser pour ne pas perturber les autres enfants.
Je pense que l’on reviendra quand le terrible two sera moins terrible.

 

Le baby atelier

Ce n’était pas prévu que l’on fasse le baby atelier mais j’ai souhaité le faire car je trouvais ça chouette que Salomé puisse avoir un temps créatif. Il n’y a pas un jour sans qu’elle ne dessine ou fasse des « sculptures » de pâte à modeler. J’avoue que dans notre appartement, je ne me sens pas de me lancer dans le type d’activités que je faisais quand je donnais des cours d’arts plastiques en école maternelle.
La peinture avec des enfants aussi jeune, c’est super mais périlleux question salissure et cela nécessite tout de même un peu d’espace.
Là c’est parfait, le lieu est dédié à cela. Tabliers fournis pour l’enfant et la personne qui l’accompagne. A cet âge là, il s’agit d’un atelier à 4 mains. Je préfère le préciser car je me revois animer ce genre d’ateliers et avoir des parents qui râlent car ils pensaient pouvoir laisser leur tout petit et s’en aller siroter un verre … Non là il s’agit de partager un moment ensemble. Et ça c’est chouette !
Les propositions qui étaient faites étaient en lien avec trois des artistes présentés dans l’exposition: Frida Kahlo, Matisse et Monet.


Rien de fou: de l’encre, du pastel et de la pâte à modeler. Mais avec des enfants aussi petits pas besoin de plus. C’est déjà très bien. Et pour les garder concentré une heure, j’ai trouvé ça parfait de diviser en trois activités.
De nouveau ma têtue n’était pas très coopérative. Elle a une âme d’artiste voyez vous, donc suivre les consignes pour peindre ou coller très peu pour elle. (Je suis un peu comme ça aussi pour le coup ^^). Même si c’était un peu dur pour moi car j’avais peur qu’elle ne renverse de l’encre partout dans un élan créatif, je sais qu’elle a passé un super moment.

On reviendra c’est sûr !

 

Vous l’avez compris, je vous recommande vivement le lieu. Si vous êtes à Paris en cette fin d’été, et que vous ne savez pas quoi faire avec vos enfants, ça peut vous sauver une demi-journée.

Bon à savoir: le lieu est ultra kidfriendly donc table à langer disponible ! Les poussettes sont interdites dans l’exposition mais des portes bébés sont prêtés sur demande 🙂

 

Merci au musée en herbe pour ce bon moment. Et à Déborah de l’agence Brandslovblogs de m’avoir permis de tester la baby visite avec ma coquine.

Une demi année

6 mois, c’est rien du tout et tout à la fois.

Quand on attend son deuxième enfant, on se demande parfois si on l’aimera tout pareil, si on sera aussi émerveillée que la première fois. Pour moi, les choses étaient un peu différentes, plus la grossesse avançait plus je prenais confiance. C’était déjà un tel petit miracle que tu sois là.

Ta grande soeur faisait des « toc toc  » sur mon ventre bien rond. Ton papa regardait le berceau où il avait connu ses premières nuits en se disant que bientôt se serait toi.
Et puis tu es arrivée, trois jours d’attente et pourtant comme une belle surprise. Un final spectaculaire dans des rires de joie.

6 mois plus tard, qu’es tu devenu petit être cher à mon coeur ?

Je pose des mots sur le clavier, et tu es là à côté de moi. Si calme, si souriante. Je n’avais pas l’habitude avec ta soeur de cette sérénité là.
Tu as pris en douceur la place qui est la tienne. Sans cri ni fracas. Tu es là. Tu es toi.
Tu nous fixes intensément du regard et commence à raconter des petites choses à qui prête l’oreille pour les entendre. Si tu sens la personne attentive, tu te lances dans de grands monologue de rrrrhi et de ahhhhh.
Tu montres tes petits progrès. Tu attrapes tes pieds mignons pour les porter à ta bouche. Prends des objets dans tes mains potelées . Te retournes dans tous les sens pour mieux voir ce qui t’intéresse (bien souvent c’est ta grande soeur qui fait une bêtise).
Tu aimes danser la valse avec moi dans le salon. On tourbillonne et tourne tourne tourne. Tu chantonnes comme moi. T’agripes comme un petit koala. Renifle mon cou. Et puis tu mets quelques secondes un petit pouce à mâchouiller dans la bouche avant de le retirer pour ouvrir grand grand cette bouche dans un énorme sourire. Tes yeux deviennent rieurs. Une future chipie ?
Tu aimes le bruit de la mer pour t’endormir. Regarder par la fenêtre les feuilles de l’arbre dans la cour en face qui semblent danser dans le vent. Tu souris dans ton sommeil et cela me fait fondre.
Le bruit de la rue ne te gêne pas. Je crois que tu aimes bien ce tourbillon d’odeurs et de couleurs quand nous partons en promenade. En voyage tu te régales.

J’ai parfois l’impression que tu vois des choses que je ne vois pas ou plus. Ton regard est si profond que tu as l’air d’être une très vieille et belle âme. Je t’appelle parfois mon petit bouddha. Ma belle d’amour. Ma douceur des bois. Pourquoi je ne sais pas. C’est mon coeur qui s’emballe quand il te voit.

On dit parfois que l’arrivée d’un deuxième enfant chamboule tout. J’ai l’impression que loin d’une tornade, ta venue au monde a donné à chaque membre de la famille la place qui est la sienne.
Quelle chance j’ai ma chérie de t’avoir dans ma vie.
Tu ne m’appartiens pas. Je ne te façonnerais pas à mon image. J’essaierai juste de mon mieux de t’ accompagner dans ton chemin et tes rêves.

6 mois. Pas encore toute une année. Et pourtant déjà tant d’amour pour toi.

 

Vacances en Corse en famille

Cap sur des vacances en Haute Corse avec nos deux filles (3 mois et deux ans). Nous y avons passé un magnifique séjour fin mai, entre incontournables et adresses plus confidentielles.

 

Miomo et Bastia

Si nous avions choisis d’aller en haute Corse, ce n’est pas par hasard. Certains de mes amis les plus chers y vivent et m’ont fait découvrir avec amour leur patrimoine depuis bientôt dix ans maintenant. Avant j’essayais d’y aller tous les deux ans, mais avec deux grossesses rapprochées quelques visites ont sautées. Mais je me dis que c’était pour mieux revenir en famille.

La première excursion que nous avons fait, était donc une demi journée vers Bastia.

Nous avons commencé en poussant un peu plus loin et en allant déjeuner au Restaurant Torre Mare à Miomo. C’est un endroit charmant avec vue sur la mer et la tour génoise de San Martino di Lota. Si vous passez donc sur la route pour aller tout en haut de l’île, n’hésitez pas à y faire une petite halte. Nous y avons passé un chouette déjeuner. Je me suis régalée avec la salade de poulpe.

Ensuite, direction les ruelles de Bastia. Pour plus de facilité avec les petites, nous nous sommes garés au parking de la citadelle qui surplombe la ville.
Et puis ensuite promenade dans les ruelles en descendant jusqu’au port.

Si vos enfants sont plus grands, je vous conseille d’aller visiter la citadelle et les jardins attenants. J’avais adoré quand j’y étais allée. Mais là avec les petites et la poussette ce n’était pas l’idéal.
Ce n’est pas grave. Nous avons flâné et nous en avons même profité pour chasser quelques space invaders. Nous avons terminé la promenade sur la place Saint Nicolas où il y a un manège , des jeux pour enfants et aussi pas mal de bars. C’était parfait pour une petite pause avant de reprendre la route.

D’habitude je fais toujours une halte Chez Mireille à Bastia pour faire ma réserve de canistrelli (ces petits biscuits secs délicieux, une spécialité corse) . Cette fois-ci avec ma Salomé qui était bien survoltée et une nuit sans sommeil, on est passé devant et je n’ai pas pris le temps de m’arrêter. Mais je vous conseille. C’est une institution.

 

Penta di Casinca

Ce village là, nous l’avons découvert un peu par hasard car il était pas loin de l’endroit où nous séjournions. Je n’en avais jamais entendu parler. Et pourtant il mérite le détour et fait partie des villages classés. C’était mon premier coup de coeur du séjour. Perché à 400 mètres , il faut le mériter pour le visiter, mais comme bien souvent en Corse. La vue y est imprenable. Et le village en lui même est si beau ! Des petites ruelles, des vieilles pierres, tout ce que j’aime. Et pas un touriste à l’horizon. Peut être que l’été c’est différent.

Nous y sommes allés en fin d’après midi, du coup ce n’était pas du tout l’heure de dîner. Mais on a repéré un Restaurant qui a l’air super si vous y allez. Ça s’appelle U Fornu et la vue depuis leur terrasse est magique !

La castagniccia est vraiment une jolie région. Cela m’a donné très envie d’y revenir pour l’explorer plus en amont.

Erbalunga

Nous avons passé une soirée dans ce petit village charmant. Il n’est pas exceptionnel mais si vous êtes dans le coin, il vaut la ballade. Ce qui m’a plu surtout c’est l’ambiance très paisible du petit port de pêcheur. Le coucher du soleil y était vraiment beau. C’est un endroit où l’on a vraiment envie de prendre le temps de flâner et de se poser sur un banc juste pour profiter.


Nous avons dîné au restaurant L’esquinade. C’est une bonne adresse. L’endroit est super agréable avec sa terrasse ombragée qui surplombe le port. Les produits sont frais. Si vous avez envie de goûter à une spécialité corse, je vous conseille le fiadone en dessert.

 

Essences naturelles Corse, San Nicolao

Mon deuxième coup de coeur des vacances. Conseillé par mon amie qui vit dans la région.
C’est un immense jardin où sont cultivés roses, lavandes et autres fleurs afin d’être distillés en eaux florales ou huiles essentielles. J’ai trouvé que cet endroit était totalement magique. On a adoré avec Salomé sentir les parfums, se laisser gagner par les arômes des plantes et des agrumes. Parcourir les allées. Un lieu où l’on se sent libre, bien, en dehors des sentiers battus. Le paysage est magnifique avec les montagnes au loin.

On a pris notre temps tous les quatre. On y est allé pour l’heure du goûter et on s’est régalé: glaces à l’eau, cake et thé glacé maison. L’aroma café est vraiment sympa avec sa déco bohème et sa balançoire qui a fait le bonheur de mon ogre et ses deux filles.
Avant de partir j’ai fait une razzia sur les eaux florales (je crois que la vendeuse a un petit peu halluciné !). Je préfère acheter quand je peux les produits directement aux producteurs. Je les utilise tous les jours depuis.
Si vous êtes dans la région, je  recommande vivement une halte là-bas!

 

Saint Florent

Je connaissais déjà un peu Saint Florent, mais surtout de nuit. J’y étais venue pour un festival qui se tenait dans la citadelle. Ce n’est pas l’endroit que je préfère en haute Corse. Même si la citadelle est belle et on y a une jolie vue, mes coups de coeur sont souvent plus pour les petits villages plus authentiques.

 

Pour aller en Balagne depuis le domaine d’Anghione, nous avons pris la route qui traverse le désert des agriates. C’est un chemin très sinueux et il faut avoir le coeur bien accroché ou l’habitude des virages pour le traverser sans encombre. Mais les paysages sont à couper le souffle. Difficile de s’arrêter prendre des photos sans que cela ne soit dangereux. L’avantage c’est que l’on coupe un peu son téléphone ou son appareil photo pour profiter par la fenêtre des vues qui s’offrent à nous.
Le mot désert n’est pas vraiment approprié car il y a la végétation si particulière du maquis corse.

Jérémy a adoré conduire sur cette route. En plus les filles dormaient donc on a savouré notre tranquilité dans ce cadre splendide. Et cela a connfirmé nos envies de road trip en famille pour un prochain grand voyage.
Nous avons vu sur le chemin des panneaux proposant de rejoindre la plage du lotu (une des fameuses plages paradisiaques de haute Corse) en 4×4 ou en bateau. Ça ne nous a paru pas la meilleure idée avec un bébé de 3 mois. Donc, on la garde en tête pour une prochaine fois.

L’île Rousse, Plage de Bodri

Comme cela faisait beaucoup de route, nous avions décidé de faire en une journée l’excursion en Balagne, à l’opposé ouest de la partie de l’île où nous logions. Je voulais faire découvrir à ma famille au moins une des très belles plages qui font tant rêver. L’un des atouts pour moi de la Corse c’est que l’île préserve en grande partie son caractère sauvage et authentique, dans ses villages mais aussi ses paysages naturels. Mais cela implique qu’ils ne sont pas donnés facilement. Il faut par exemple connaitre un peu ou bien se renseigner pour aller se baigner dans les rivières sauvages. Pour les plages c’est la même chose. Certaines ne sont accessibles qu’en bateau ou après une très longue marche, ce qui avec des bébés n’est pas évident.

C’est pourquoi j’avais choisi celle de Bodri. Il y a un parking payant pas très loin qui donne accès à la plage. On doit seulement faire attention en traversant une voie ferrée. Il y avait un peu de monde mais ce n’était pas la cohue car nous étions hors saison (fin mai). Cela vaut la peine: les rochers, le sable blanc et l’eau turquoise.
Nous y avons passé 2h en fin de journée ce qui était largement suffisant avec nos deux petites pour en profiter. Nous avons fait le choix de ne pas charger plus notre programme en ne visitant pas l’île Rousse.

Domaine D’anghione

J’avais eu la chance de gagner 4 nuits dans le camping Tohapi de mon choix sur le compte instagram de Virginie Bichet (merci merci). Heureusement nous souhaitions partir hors saison (on profite tant que les filles ne sont pas encore à l’école). Le petit hic a été que nous voulions rester plus longtemps et donc payer de notre poche les jours complémentaires. Apparement c’était un mic mac au niveau des dates et c’était compliqué pour eux (dossiers différents à créer). Nous avons donc perdu une nuit de notre bon.

C’est dommage car nous avons vraiment adoré notre séjour là-bas. C’est un endroit super pratique pour partir en vacances avec des enfants. Les filles étaient trop petites mais il y a des animations pour les enfants. On trouve sur place une piscine intérieure, une pataugeoire (super pour les enfants en bas âge) et un bassin extérieur. Il y a un spa (mais on n’a pas testé). Ce qu’on a préféré c’est l’endroit même : juste à côté d’un centre équestre. Salomé était aux anges et allait dire bonjour aux chevaux le matin. Et puis la plage pas très loin à pied. Bref parfait si vous cherchez du repos.
Nous cela nous a bien convenu car on a pu alterner excursions et journées baignades.

Partir en Corse avec des tout petits

Si tout cela vous a donné envie de partir à votre tour en famille, peut-être aimeriez-vous pour finir savoir comment on s’est organisé.

Je suis venue plusieurs fois seule en Corse donc j’avais déjà expérimenté plusieurs façons de rejoindre l’île. Quand j’étais étudiante, je profitais souvent d’être déjà dans le sud pour prendre ensuite le bateau depuis Toulon (Corsica ferries). Je dormais à la roots (à même le sol ou sur une banquette avec la lumière allumée toute la nuit). Au petit matin, au retour je faisais Toulon/paris en train. J’étais motivée 🙂
A calculer donc selon si vous avez une voiture et le prix de la traversée ce qui est le mieux pour vous.
J’avais également déjà pris l’avion depuis Bastia en prenant à l’arrivée les navettes de bus qui relient l’aéroport au centre de Paris (orly bus).

Cette fois-ci nous avons décidé de jouer la carte du pratique. Nous n’avons pas de voiture à Paris. Sachant donc que nous devrions en louer une sur place pour bouger à 4, l’avion était vraiment la meilleure option. Nous avons récupéré notre voiture de location à l’aéroport. Nous avions demandé deux sièges auto en option (pas besoin donc de s’enquiquiner dans l’avion).
Pour l’hébergement, comme je vous le disais plus haut nous étions en camping. Mais avec bébé et venant en avion, l’option camping « luxe » était plus facile. Nous étions donc dans des bungalow et nous avions pris toutes les options possibles: draps, serviettes de toilette et kit bébé (baignoire, chaise haute et lit parapluie) pour ne pas s’encombrer dans l’avion. Mais aussi ménage au départ pour que ça soit de vraies vacances jusqu’au bout.

On compte bien revenir en Corse, d’ici deux ans sans doute. Cette fois-ci nous ferons un plus grand circuit et serons plus mobiles en changeant plus d’hébergement. J’aimerai beaucoup visiter la Corse du Sud où je ne suis encore jamais allée. Bonifacio a l’air tellement joli !

Et vous la Corse vous connaissez ? De bonnes adresses à recommander ?

 

Vacances en Corse en famille