Un jour ma chérie tu comprendras pourquoi ta maman as pris une photo de toi ici. Pourquoi son visage s’est éclairé quand elle a aperçu celui de cette femme dessiné. Pourquoi il est si important de continuer à lui rendre hommage dans cette période troublée. Pourquoi j’ai remercié dans ma tête l’artiste d’avoir osé peindre son joli visage sur un mur de notre quartier.

Pour lui, Jo Di Bona, cette grande dame est sa vision de la marianne. Une manière de faire un pied de nez aux sénateurs américains qui s’arrogent le droit de décider pour les femmes ce qu’elles peuvent ou non faire de leur corps.

Un jour mon enfant je te raconterai l’histoire de cette femme. Sa force incroyable. Ce qu’elle a fait pour nous les femmes françaises. Je te parlerai de ce qu’elle a subi, les violences, les pertes,les outrages.


Je te dirai aussi que l’obscurantisme et la haine de l’autre n’est jamais loin. Et que toi par ton histoire, ton genre, ta famille tu portes un peu de son héritage symbolique. Il ne faudra jamais baisser la garde ma fille. Mais on peut combattre avec d’autres armes que la violence. L’éducation est sans doute la plus forte des armes que nous pouvons opposer. Et l’art. L’art aussi. L’art toujours qui fait tant partie de la vie de ta maman.

D’elle, j’ai toujours été très admirative : la douceur de son regard, son élégance et la détermination qui émanait d’elle. Je ferais de mon mieux pour vous rendre fortes toi et ta sœur. J’ai bien l’impression qu’avec votre joie et vos caractères bien trempés vous l’êtes un peu déjà à votre manière…

Aujourd’hui dans le monde les colères se soulèvent. Des haines que l’on croyait enterrées refont surface avec leurs haleines pestilentielles. Les envies de tolérance, la paix, la vie en harmonie avec l’autre se font parfois moins entendre. Comme aux heures les plus sombres de l’histoire se sont souvent les mêmes qui servent de souffre douleurs. Les libertés s’envolent. Les droits aussi. Et pour nous les femmes rien n’est jamais acquis. Moi aussi je suis en colère ma toute petite. En colère devant mon impuissance. Je mène les combats que je peux. Je veille sur vous. Je veille pour vous comme ma maman l’a fait pour moi. A défaut de pouvoir leur venir en aide, je pense aux femmes qui se font arracher leurs droits. N’oublions pas.

Merci Simone Veil.

14 réflexions sur “Cette femme là”

    1. On a parlé d’elle aux enfants dimanche au Musée Grévin où sa statue de cire est présente. Et restons attentive aux droits des femmes pour nos filles, pour ne pas qu’ils reculent

    1. Merci beaucoup.. je préférais tellement me tromper. Je suis en train de regarder la série La servante écarlate: ça me fait peur !

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