30 ans, et après?

Il y a ceux qui font des listes de tout ce qu’ils doivent accomplir avant la trentaine. Et puis il y a moi. Moi qui sais depuis longtemps que la vie ce n’est pas ça. Que c’est bien d’avoir des objectifs pour avancer mais qu’il faut savoir se réjouir du moment présent. Que les plans tout tracés cela ne marche pas car la vie s’en mêle et met le bazar. Et quand elle ne le fait pas… c’est bien ennuyeux tout ça, vous ne trouvez pas ?

Je ne m’étais pas fait de liste de tout ce que j’aimerai accomplir avant mes trente ans. Pourtant sur le papier, on dirait que la société aurait eu emprise sur moi. Mariée, deux enfants, et bientôt propriétaire d’un toit.
Ça c’est ce que l’on pourrait penser si on ne me connait pas, peu ou mal.
Pourtant la vérité est très différente. Ma trentaine à moi je l’ai vécu comme un objectif de survie. J’ai mis en place au gré des belles rencontres, mes petits et grands bonheurs. En écartant avec douceur ou fracas ce qui me causait de la peine ou de la peur.

Je pense à mes amies trentenaires qui n’ont pas d’enfant. Et mon coeur se serre, de colère ou de tristesse. Pas parce qu’elles n’ont pas d’enfant. Non. Parce que la société leur renvoit d’elles même une image terrible. Encore aujourd’hui. Peu importe qu’elles soient compétentes ou créatives. Qu’elles en aient fait le choix ou pas, c’est comme si elle n’avait pas rempli la charte. Comme si être une femme libre ne suffisait pas.

Moi le fait d’être mère finalement, c’est un peu comme si j’avais acquis un statut. Je suis devenu « la maman de ».
Un statut qui pourrait vite devenir enfermant d’ailleurs.
Alors je bataille chaque jour un peu pour ne pas limiter ce que je suis et devenir la caricature de moi même. Je reprends doucement le goût de la littérature et de l’étude qui me sont si nécessaire. Et je dessine.
Miracle même, je m’affirme enfin (un petit peu) en tant qu’artiste. Moi qui avait peur d’être une usurpatrice… de ne pas avoir assez de talent pour avoir le droit de montrer ce que je fais.
30 ans: et si c’était l’âge où on envoyait un peu valdinguer la peau de l’adolescente complexée?

Cependant, aux yeux des autres, la liste de ce que l’on doit accomplir ou non avant trente ans perdure et c’est bien dommage.

J’ai l’impression au contraire qu’un champ des possibles s’offre à nous à cet âge.
On sait enfin ce que l’on veut. En amour ou dans le travail par exemple.

J’ai d’ailleurs fait récemment l’expérience moi même d’un auto sabotage d’entretien d’embauche car j’ai compris que je n’étais plus prête à me laisser piétiner pour exercer mon métier, même s’il me passionne. Je connais ma valeur. Cela ne veut pas pour autant dire que je me surestime. Je veux juste du respect et du sens dans mon travail.

Je ne sais pas là où je vais. Je sais là où je n’irais plus.

J’ai des rêves plein la tête et des projets à remplir en entier une malle aux trésors.

J’en suis à la moitié de ma vie, ou peut être même le tiers si j’ai de la chance… Alors moi je remplis ma liste de voyage et de belles choses à faire en amoureux, avec mes filles, ou seule.

Non pas d’objectif de vie. L’idée de la réussite n’est pas la même pour tous. Je crois que si je devais partir dès aujourd’hui, je n’aurai aucun regret et vécu intensément. C’est pour moi le plus important.

A la fin du mois, j’aurai 31 ans. Et ce début de trentaine me dit de maintenir le cap droit devant !

 

  • Amandine (7 novembre 2018)

    J’adore ton article, il resume tellement la vie d’une femme trentenaire de nos jours … Je commence tout juste à croire en moi, que je suis capable, que j’ai des droits et des « possibles » mélangés aux rêves et désirs. Il est difficile de tout concilier voire réconcilier. Savoir observer, analyser, doser, mélanger pour obtenir ma vie de trentenaire sans culpabilité (poids des femmes acquis depuis des millénaires).
    Merci Jeremy pour ta soirée foot .

    • Sophie Ogresse (9 novembre 2018)

      Je suis d’accord avec toi. Ça n’a rien de simple de s’affranchir de la pression mise sur les femmes depuis si longtemps. Et on aurait tendance à s’auto censurer ou se fixer la barre trop haute nous même. Un peu d’indulgence pour soi et de confiance en soi même peuvent faire des merveilles mais c’est un chemin difficile à trouver.

  • Charlotte - Enfance Joyeuse (7 novembre 2018)

    Un magnifique billet ! Une jolie perspective de vie remplie d’amour et de bonheur ! Et c’est tout ce que je vous souhaite !

  • La Mariée Hiboudeuse (7 novembre 2018)

    Que je me retrouve dans ton billet… Dans le combat de ne pas avoir d’enfant à 33 ans, l’envie vivérale d’en avoir aussi mais des événements qui ont fait que… et ce combat, pour ne pas devenir une caricature, pour moi, celle de « l’épouse », et un de ses jours celle de la maman de.. Le fait de savoir ce que l’on ne veut plus aussi…. J’avais écris un article sur la crise de la trentaine, peut-être fera-t-il écho en toi ! Je le relais ici :
    http://www.lamarieehiboudeuse.com/crise-trentaine/
    Belle journée à toi 🙂

    • Sophie Ogresse (9 novembre 2018)

      Merci beaucoup pour ton passage ici. C’est vrai que la société nous colle une image de laquelle il est difficile de sortir. Tu as raison de parler du statut d’épouse. C’est tout à fait comparable. Je te souhaite de réaliser ton rêve d’être maman. Je suis bien placée pour savoir que c’est un chemin qui n’est pas simple pour toutes.

  • Maman Nouille (7 novembre 2018)

    Je ne sais pas si c’est la trentaine ou le fait d’être mère, mais je te suis dans cette histoire de dépasser ses peurs adolescentes et d’assumer un peu ses envies. Moi j’ai commencer le sport et j’y vais en legging, moi qui ai toujours détesté l’EPS et mes fesses. Je sors sans maquillage sans avoir peur d’effrayer les gens. et puis surtout , avec des enfants, je crois qu’on découvre de nouvelles raisons d’avoir peur qui minimisent nos complexes. On a moins de temps alors on arrête de tergiversé et on va droit au but.
    J’ai quand même l’impression qu’à la trentaine on essaie de tout mener de front et d’être des super women, je compte sur la prochaine dizaine pour un peu plus de coolitude.

    • Sophie Ogresse (9 novembre 2018)

      Je te suis totalement sur cette histoire de lâcher prise vis à vis du corps. J’avais écrit un article sur ce sujet d’ailleurs

      https://www.ogressedecompagnie.fr/2016/12/29/cette-annee-ou-je-suis-devenue-celle-dont-je-revais/

      Tu as raison aussi sur le côté multicasquette qui peut devenir épuisant. De mon côté je n’ai pas pu reprendre le travail à la naissance de Salomé comme je l’aurai souhaité. Du coup un front de moins à gérer mais aussi tellement de pression pour savoir où quand et comment retravailler. Il parait qu’à la quarantaine ça s’arrange en effet.

  • Elisa (7 novembre 2018)

    Je suis d’accord avec tout ce que tu as dit. C’est comme si la société nous imposait un modèle à suivre. Du coup, quand on s’en éloigne, on devrait soit en souffrir, soit en avoir honte.
    Je pense comme toi que la trentaine est la dizaine qui permet de se dépatouiller de l’adolescence complexée et de découvrir vraiment qui on est :-). Je suis quant à moi à la presque fin de ma trentaine 😀

    • Sophie Ogresse (9 novembre 2018)

      Ce que tu me dis sur ta fin de trentaine m’encourage beaucoup sur le parcours à venir… Je crois que je ne suis jamais rentrée dans aucun moule. Mes profs me l’ont bien souvent dit… Maintenant je vois enfin ça comme une force 🙂

  • lemondedejustine (7 novembre 2018)

    Tu as bien raison, on fait des listes mais la vie n’est pas une liste et elle t’amène là où tu dois aller, pour progresser, je viens d’avoir 25 ans, la trentaine n’est pas si loin mais je le sens que c’est là que je commence à connaitre ma valeur, ce que je veux vraiment dans ma vie et avec l’arrivée de mon bébé c’est sûr que beaucoup de choses vont se passées dans ma tête 🙂 c’est bien finalement de vieillir, la plupart disent d’ailleurs que le meilleur âge c’est 40 ans parce que t’as vraiment murie , tu sais qui tu es, ce que tu veux 🙂

    J’adore cette photo de toi, je te trouve vraiment rayonnante et tes dessins que je regarde sur Instagram sont très jolis tu as bien raison de les montrer 🙂 Bisous

    • Sophie Ogresse (9 novembre 2018)

      Merci beaucoup Justine 🙂
      On parle de crise de la trentaine mais moi j’ai fait une méga « crise » de quart de siècle. J’avais tout envoyé valsé et j’ai totalement changé de vie du jour au lendemain. Et grand bien m’a pris. Toi à ta manière tu vas aussi totalement changer de vie car devenir maman c’est un grand chamboulement. J’espère que cela va t’apporter autant de bonheur et de sérénité qu’à moi.

  • CéciliAcidulée (7 novembre 2018)

    Encore un très beau billet où beaucoup de femmes se reconnaîtront. Au vu de ton parcours, je sais que tu as fait les bons choix et suis convaincue que les prochains seront tout aussi réfléchis.
    Prends bien soin de toi.
    Cécilia

    • Sophie Ogresse (9 novembre 2018)

      Merci beaucoup Cécilia. J’essaie de prendre les meilleures décisions. Pour le moment cela m’a toujours réussi quand j’ai fait confiance à mon instinct. Je t’embrasse

  • La parenthèse psy (11 novembre 2018)

    Coucou ! J’ai fêté mes 27 automnes hier, et bon, ça m’a fait moins mal que les 26 ans. A 26 ans, j’ai fait ma 1ère crise d’angoisse concernant ma vie en générale, j’ai tout remis en question. Mon couple, ma ville, mon travail, moi, j’était perdue. J’ai mis plusieurs mois à m’en remettre et beaucoup de choses ont changé dans ma vie ! Bizarrement, l’engagement me fait moins peur , je parle pacs et achat d’un premier appartement avec Roux. On verra… on est pas pressé. Mais je regarde autour de moi et constate que mes amies sont pour la plupart mariées, mère, CDI et maison. Et WOW… j’en suis tellement pas là. Pourtant, quand je vois leurs ventres s’arrondir je me dis « et moi ? ». Est-ce que j’en ai envie ? Est ce que je serais prête un jour ? Comment le savoir ? Et si j’en ai envie, est-ce par mimétisme sociétal ? Beaucoup de questions filent dans ma tête mais on est loin de l’angoisse de l’année dernière. Avant tout changement se trouve un déséquilibre ! C’est fait 🙂

  • Emmanuelle CM (18 novembre 2018)

    Pour ma part, je n’ai pas encore passé le cap des 25 ans mais bon nombre de questions me taraudent déjà ! Quoi qu’il en soit, j’ai apprécié lire ton article et découvrir ta vision de la vie. Je te souhaite le meilleur pour la suite.

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