Amitié les demoiselles d'honneur

Quand l’amitié se termine

Si il y a bien une chose dont je suis riche, ce sont de mes amis. Je n’en ai pas des milliers, je ne les collectionne pas, ils sont plus précieux à mes yeux que tous les joyaux de la terre. Quand l’amitié se termine pour moi, c’est un déchirement aussi douloureux qu’une rupture.

Les belles rencontres amicales et les déceptions

J’ai appris la fidélité en amitié bien avant celle en amour. Je compte parmi mes amis pour toujours: deux connus dès mes premiers jours, une à la crèche, une à la maternelle. L’adolescence a été moins fiable de ce côté, des non-dits, des trahisons de l’âge ingrat, l’éloignement géographique simplement aussi. Et puis les belles rencontres de l’université.

Il y a eu les déceptions de mes collocations, où chaque fois j’ai pensé partager plus qu’un toit et puis je me suis rendue compte par la suite de ma méprise (sauf avec toi Thomas si tu me lis 😉 ).

Durant ma vie, j’ai fait beaucoup de rencontres. Je suis du genre à faire confiance et à sympathiser rapidement. Mais je suis de celles qui ont besoin de relations véritables. La superficialité ce n’est pas pour moi. Alors je n’ai pas de potes. Je suis du genre extrême, soit des amis soit des connaissances. Je n’ai pas de temps à perdre en mondanité.

J’ai eu des déceptions. Cru à des histoires d’amitié qui n’ont pas pris. Vu des personnes que je pensais mes amis se détourner de moi. La première fois, j’ai eu mal de ce silence. J’ai fini par faire presqu’une « rupture » par message tellement cela devenait pesant.

Et voilà que cela recommence.

Aujourd’hui, une personne qui m’étais chère se détourne de moi. Elle a vécu une terrible épreuve. Se mure dans le silence. M’accuse de ne pas être là pour elle. C’est difficile d’être accusée d’indifférence quand on ne prend pas la main que vous tendez. Quand la personne ne répond jamais à vos appels. Que vous finissez par connaître mieux son répondeur que sa voix. Quand tous vos messages restent sans réponse.

Au début, vous vous dîtes qu’elle est débordée. Qu’elle gère comme elle peut la situation. Après vous vous inquiètez. Vous finissez par douter. Et puis, vous apprenez qu’elle se plaint à d’autres que vous l’avez délaissée…

C’est d’autant plus difficile à entendre quand cette personne n’est pas venue vous voir pendant que vous étiez alitée pendant votre grossesse, ni  vos deuils (nombreux et douloureux) et a même attendu de nombreuses semaines avant de rencontrer votre fille, habitant seulement à l’autre bout du metro. C’est dur quand vous l’avez choisie en demoiselle d’honneur, parmi vos amis des doigts de la main et qu’ayant promis d’être là pour vous, elle s’est défilée tout le weekend pour « profiter ».

Je suis du genre qui pardonne. J’ai toujours trouvé des excuses malgré les mises en garde de ma famille qui me voyait déçue chaque fois. J’ai fini par moduler mes efforts aux rythmes des siens. La pilule passait un peu mieux, même si cela me rendait triste de ne pas être aussi spontanée qu’avec mes autres amis.

Mais quand j’ai appris les terribles choses qui lui arrivaient, j’ai mis ma rancoeur de côté,  et j’ai dit à mon amoureux : « Je te préviens, si elle a besoin j’accoure. » J’ai appelé. Laissé des messages. Gardé mon téléphone tout près, au cas où.

Le téléphone n’a jamais sonné.

Peut être que pour elle, je ne suis pas ce dont elle a besoin. Qu’il est temps que je la laisse se faire consoler par ceux qu’elle considère vraiment comme des amis. On a besoin de soutien dans les moments durs. C’est là que l’on réalise qui compte vraiment pour nous.

Et moi je ne compte plus pour elle. Ça me fait mal mais je dois arrêter de recoller les morceaux. Dans une belle histoire d’amitié comme en amour, il faut être deux, et savoir s’arrêter aussi quand cela ne fonctionne plus. Pas besoin de cris, ni de malediction, un adieu emprunt de nostalgie…

Dire adieu à une belle amitié …

Alors, je vais laisser notre amitié rejoindre les souvenirs des soirées rigolotes. Les années où l’on dansait sur les bars jusqu’au petit matin.

Je garderai son rire bien enfoui dans ma mémoire quelque part, et j’espère que la vie le lui rendra bientôt.

Je te souhaite beaucoup de bonheur à venir ma jolie, . Il est temps que moi aussi je retourne dans ma coquille et que je me préserve des chagrins.

 

Amitié fin d'une histoire entre deux amies

  • Maman a des Formes (27 juin 2017)

    L’amitié est si compliqué. Chacun évolue de manière différente, chacun à sa vitesse et puis chacun suit sa voie et parfois les chemins se séparent. J’étais comme toi avant et puis à force d’être déçue, je me suis blindée. C’est en mettant fin à une relation que j’ai rencontré mon mari. Depuis, je tourne la page rapidement car je sais que demain est un autre jour avec d’autres rencontres et d’autres personnes à découvrir.
    Bon courage à toi.

    • Sophie Ogresse (28 juin 2017)

      Tu as une jolie philosophie. Cela permet d’avancer vers le meilleur. Je suis tellement fidèle en amitié que j’ai beaucoup de mal quand les routes se séparent… Je te remercie pour tes mots de courage

  • Odrai (27 juin 2017)

    Cet article est magnifique, très émouvant. Bravo pour votre sincérité.

    • Sophie Ogresse (28 juin 2017)

      Merci beaucoup Odrai. Je ne sais pas faire autrement dans l’écriture comme dans la vie…

  • FleurDeMenthe (27 juin 2017)

    L’amitié est un sentiment ambiant, ambivalent, intense, qui résiste parfois au temps à la manière d’un marathon… Je le trouve encore plus compliqué que l’amour, mais je crois qu’il faut apprendre à lâcher prise, à vivre l’amitié en shots, à apprécier chaque moment sans en espérer trop. L’amitié en carpe diem c’est la meilleure façon de la vivre et de se protéger… ou c’est la meilleure façon pour moi de la vivre.
    Courage : une rupture en amitié c’est dur…

    • Sophie Ogresse (28 juin 2017)

      Oui je crois qu’il n’y a pas de mode d’emploi et autant d’amitiés différentes qu’il y a de personnes. Quand c’est fluide, on ne se pose pas de question, peu importe si on a pas de nouvelles pendant 6 mois, on sait que l’on se retrouvera. Parfois, c’est plus compliqué. Je te remercie pour ton réconfort

  • Francis (28 juin 2017)

    Moi Francis
    Laisse le temps au temps
    Tu n’efffaceras pas ces années de complicité par un moment d’indifférence qui arrive dans la vie.
    La chèvre broute toujours la ou elle est atachée.
    Ta copine est en toi comme tu es en elle.
    Patience est d’or.
    J’en sais quelque chose .
    Elle rappellera en pleure car tu es celle qui a toujours été la .

    • Sophie Ogresse (28 juin 2017)

      Je n’en suis pas sure Francis mais je te remercie pour tes mots si gentils. J’espère au fond de mon coeur que tu as raison, et que ce n’est que temporaire. Je préférerai 1000 fois que notre amitié sorte consolidée de cette histoire plutôt qu’elle ne s’achève ici.

  • Appellation Maman (28 juin 2017)

    Un texte qui fait tellement écho en moi! J’ai moi aussi bien des chagrins d’amitié à mon actif… ça fait mal… mais quand on en ressent le besoin il fait de préserver comme tu le dis si bien! Je te fais un gros câlin virtuel! (Ça vaut ce que ça vaut! )

  • Isabelle/Mamanlune (28 juin 2017)

    Bonjour,

    Je suis un peu comme toi, je m’attache « fort » à des gens qui parfois ne montrent pas le même attachement, où alors par des biais que je ne sais pas décoder (mais ça c’est une autre histoire), souvent je donne (de mon temps, de mon écoute, et pleins d’autres choses), et un beau jour ça se retourne, ça clashe, et l’amitié s’arrête (c’est parfois mieux). D’autres fois ce sont des moments difficiles, qui soudent certaines amitiés et en font s’éloigner d’autres.
    C’est dur l’amitié, parfois plus dur que l’amour, mais c’est une relation tellement belle et merveilleuse.
    Profitons de celles que nous avons, et les autres et bien, il faut parfois les laisser partir ou se terminer, même si c’est douloureux, pour aller de l’avant.

    Belle journée,

    Isabelle

    • Sophie Ogresse (28 juin 2017)

      Merci Isabelle pour ton gentil message. Je vais garder je crois le positif de tout cela. Je ne connais pas le dénouement mais comme tu le dis l’amitié est quelque chose de très précieux. C’est bien pour cela que lorsqu’elle s’ enfuit s’est douloureux. Je te souhaite aussi une jolie journée.

  • Charlotte (28 juin 2017)

    Ça fait mal une amitié qui s’en va, un peu comme un bout de soi qui nous est arraché… Le temps sera probablemente seul qui saura guérir, soit la fracture entre vous, soit la douleur de la rupture… Bon courage à toi, et mille pensées

    • Sophie Ogresse (29 juin 2017)

      Merci Charlotte pour tes doux mots. J’espère aussi que le temps fera son oeuvre

  • Claire (28 juin 2017)

    C’est vrai que ce n’est pas simple de tourner la page surtout quand on a vécu des choses fortes ensemble. Seulement la vie fait qu’on évolue et parfois, pas dans le mêmes sens. C’est dommage mais c’est la vie.
    Bon courage à toi

    • Sophie Ogresse (29 juin 2017)

      J’avoue que j’ai du mal avec cette histoire des chemins différents. J’ai des amis depuis l’enfance qui ont pris des voies tellement opposées à la mienne, des caractères, des envies aux antipodes et parfois même sont partis vivre à l’autre bout du monde sans que cela ne nous sépare. Mais peut être que dans d’autres cas comme tu le dis, il faut tourner la page. Je te remercie pour tes mots d’encouragement

  • Maman Sur Le Fil (28 juin 2017)

    Un bel article, plein de sincérité et d’émotions à fleur de peau ! J’ai beaucoup de mal à m’investir en amitié justement à cause de ça ! Trop de souffrance quand nous ne sommes pas sur la même longueur d’ondes…

    Virginie

    • Sophie Ogresse (29 juin 2017)

      En effet Virginie, je suis bien à fleur de peau et tellement entière dans mes amitiés que cela fait très mal. C’est difficile de faire confiance. Je te comprends. Mais ça en vaut aussi souvent tellement la peine.

  • Lucile (29 juin 2017)

    Pour avoir vécu quelque chose dans le genre il y a quelques semaines je te trouve vraiment très zen fasmce a la situation, mon article est beaucoup moins modéré! ! Il faut que je murisse!!

    • Sophie Ogresse (29 juin 2017)

      Je ne sais pas si je suis zen. Je me sens encore tournmentée à vrai dire. Mais il n’y a pas de raison de faire dans mon cas un lynchage public car la personne dont je parle ne le mérite pas du tout. C’est quelqu’un de bien. Seulement beaucoup d’incompréhension entre nous.

  • Maman (3 juillet 2017)

    Arff… ton histoire me parle tellement…

    Se préserver est important, il faut de la réciprocité dans une relation, même amicale… Mettre fin a une amitié laisse vraiment des traces. Comme une rupture amoureuse, il y a une période de deuil à faire.

    Ma meilleure amie a refusé d’être mon témoin de mariage. Au delà de ce refus, ce sont les raisons qui l’ont poussé à le faire qui ont mis un point final à notre amitié. Pour elle, il n’était pas concevable que je marie avec quelqu’un de couleur, pas catholique et pas du même « milieu »…
    Elle m’a vraiment blessé, de par la bassesse de ses raisons, même si son comportement avant l’annonce de nos fiançailles aurait du m’alerter : elle a refusé d’apprendre à connaitre celui qui allait devenir mon mari, évitant toutes les occasions de le croiser (sauf quand il est venu l’aider à déménager son appartement au 7ème étage sans ascenseur, là, bizarrement, sa couleur de peau n’était pas un problème…)

    Plus de 10 ans d’amitié. Je n’ai rien voulu voir, jusqu’à ce que je lui demande d’être mon témoin, et que cela la mette au pied du mur, l’obligeant à justifier son refus, et moi à me confronter à la réalité de sa pensée.
    Je ne l’ai revu qu’une seule fois après notre explication, au mariage d’amis communs, pour qui elle avait fait l’effort d’être témoin.

    Mais… aouch… 5 ans plus tard… mon coeur se serre encore quand je pense à elle. Elle me manque. Je me demande si elle va bien, si elle est heureuse… elle ne connait même pas mes enfants.
    Un jour je la recroiserai peut-être. Je me sens capable de pardonner, mais je ne sais même pas si cela l’intéresserai.

    • Sophie Ogresse (11 juillet 2017)

      Quelle histoire ! Si je peux me permettre, la vie a fini par t’éloigner d’une personne vraiment affreuse ! Le racisme est quelque chose d’inacceptable !
      Je comprends que tes souvenirs te fassent un pincement au coeur parfois cependant. Mais là tu n’as rien à regretter d’une personne aussi néfaste !
      Tu peux lui pardonner pour toi même sa bêtise si ça peut t’aider. C’est ce que j’ai fait pour les personnes qui m’ont fait du mal au cours de ma vie. Ça aide à avancer, ne pas chercher vengeance et perdre son énergie. Cela permet de se concentrer sur les bonnes personnes autour de soi.

  • niki (5 juillet 2017)

    une amitié qui se termine est toujours un moment douloureux à vivre, mais j’ai appris à accepter ceci = nous faisons toutes/tous un chemin où nous croisons des hommes ou des femmes qui partagent les mêmes choses à ce moment là, un peu comme un « train » où l’on monte pour faire un bout de chemin ensemble, puis quand le moment est accompli, les chemins se séparent et l’on descend du train parce que la destination est atteinte –
    depuis que j’ai accepté cette « image » qui se baladait dans ma tête, je me sens mieux à accepter ce type de chagrin – tou(te)s nous changeons et pas nécessairement de la même façon – alors à présent je dis « merci » à ceux et celles avec qui j’ai fait un bout de chemin et je comprends que l’amitié ça n’est pas nécessairement pour toute la vie 🙂

    • Sophie Ogresse (11 juillet 2017)

      Quelques jours ont passés depuis l’écriture à chaud de mon billet, et ta jolie image me réchauffe le coeur. Je crois que je vais la garder pour avancer. Merci beaucoup pour ton réconfort

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