Claire Beaugé, Le plaisir de donner, s'épanouir dans la maternité, livre

Claire Beaugé, le plaisir de donner : un livre Coup de coeur

Vous croyez aux hasards vous? Moi pas du tout ! Je crois aux petits signes qui nous font coucou quand on sait les voir. La lecture du livre de Claire Beaugé, le plaisir de donner, a été pour moi, une des petites bulles de douceur et de courage dont j’avais besoin à un moment précis. Je vous raconte mon coup de coeur pour cette lecture.

 

Les mots si justes de Claire Beaugé

Il y a quelques mois, Claire Beaugé a eu la gentillesse de m’envoyer son livre. Une jolie rencontre virtuelle qui s’est donc soldée par la lecture de ses mots. D’elle, je ne connaissais rien. Je l’ai découvert comédienne, auteure mais surtout femme dans tout ce qu’il y a de plus beau.

Je dois vous faire un aveu, en lisant le titre, j’ai eu un peu peur. Peur de lire un énième livre sur la maternité. Vous savez ceux qui sont plein de bons conseils sur ce que c’est d’être une bonne mère et finissent par vous faire culpabiliser. Le sous-titre « s’épanouir dans la maternité  » me faisait craindre de ne pas me retrouver dans une vision qui ne me ressemblerait pas, moi qui jeune maman tâtonne à bien des égards.

J’ai commencé donc dans cet état d’esprit à feuilleter les pages. J’ai été tout de suite submergée par la bienveillance qui ressortait des lignes. Non. Ce n’était décidément pas un manuel du tout, mais un beau témoignage sur un parcours de maternité semé d’embûches. Avec des conseils, mais comme ceux que te donnerait une amie, avec en prime un carnet d’adresse de spécialistes qui peuvent t’aider. On y parle par exemple haptonomie, allaitement, maison de naissance…

Un témoignage bouleversant sur la grossesse et de la maternité

Mais c’est surtout les passages où l’auteure se livre qui m’ont fait aimer cette lecture. Avec beaucoup de sincérité, sans être dans l’impudeur, elle nous raconte son envie de porter la vie, si forte. Ses douleurs aussi. Et puis les paroles aussi des femmes qui se sont confiées à elle pour raconter leur histoire.

Je ne vous dévoilerai pas tout ce que contient ce livre. Je ne suis moi même pas encore bien prête à vous dire la raison pour laquelle celui-ci a été un grand réconfort lorsque envahie par mes peurs en début de grossesse, clouée au fond de mon lit,  je ne savais pas toujours comment les exprimer ni les combattre. Peut être en devinez vous la raison en lisant ces mots….

Toujours est-il que ce livre  m’a donné beaucoup de force, m’a émue aussi. Il m’a fallu du temps pour l’assimiler, le relire avant de pouvoir mettre mes mots à moi dessus pour le partager avec vous.

Merci Claire Beaugé pour ce joli cadeau !

 

 

Découvrir l'art avec bébé installation de Chiharu Shiota au bon marché

Découvrir une oeuvre d’art avec bébé, impossible?

Il y a quelques jours, j’ai découvert avec stupeur un reportage sur M6 dont le sujet était les parents qui veulent faire de leurs bébés des génies. J’étais assez outrée de sentir pendant tout le reportage l’avis partial des journalistes, notamment sur la visite des musées avec des petits. Oui on peut découvrir l’art, même l’art contemporain, avec des petits même des bébés. Découvrir l’art avec bébé, impossible? Pas sûr !

 

Dans ce fameux reportage (66 minutes sur M6), il y  avait certes une maman poussive qui rêvait que ses enfants fassent de grandes écoles. Mais il y  avait aussi des ateliers en langue des signes présentés comme une activité à la mode pour les bébés dont les parents en demandaient trop. Vous imaginez bien que ça m’a fait bondir !

Le reportage a continué avec une visite en musée. C’était la catastrophe car les parents donnaient à des enfants de 3 ans des audioguides. Et donc rapidement c’était un carnage et les petits courraient partout et grimpaient sur les oeuvres.

En voyant ça, je me suis dit que ça allait refroidir certains jeunes parents d’avoir envie d’emmener les petits au musée. J’étais très en colère. C’est mon métier et je ne suis pas du tout dans cette optique d’apprentissage intensif!

Alors si c’est tout à fait possible d’emmener les petits au musée, et ça peut même très bien se passer. Les conditions pour cela sont de prévoir une visite courte. Respecter le rythme de l’enfant. Découvrir avec lui, lui montrer, être dans le dialogue, expliquer avec des mots simples. On est pas là pour faire une conférence !

L’important n’est pas que l’enfant retienne le nom des artistes mais qu’il s’ouvre à l’art, que cela suscite sa curiosité. C’est déjà beaucoup.

Si vous ne savez pas comment vous y prendre, ce que je peux comprendre, certains musées proposent des visites adaptées (durée, thème, ect…) . J’avais emmené ma petite au musée Cluny par exemple et c’était vraiment chouette.

J’ai réalisé cette petite vidéo de l’installation de Chiharu Shiota pour le bon marché. Nous y sommes allés dimanche in extremis car c’était le dernier jour. Je vous raconte mes impressions. Et vous y verrez ma petite ogresse en pleine découverte sensorielle. C’était un moment magique, hors du temps. J’étais vraiment émue de la voir si réceptive. L’art avec bébé je dis oui et encore oui !

Si vous souhaitez avoir des pistes de lieux à Paris où emmener les tous petits, vous pouvez regarder ici, j’avais écrit un article à ce sujet.

Et vous? A partir de quel âge pensez vous que l’on peut emmener les petits au musée?

Cigognes et compagnie

Cigognes et compagnie: le film trop chou !

Il y a 15 jours, j’ai eu la chance d’être conviée par Warner Bros et allobébé pour la projection en avant première du nouveau film d’animation Cigognes et compagnie.

Ça partait déjà très bien car l’équipe du film nous a offert un bon moment de rigolade façon stand up pour présenter les personnages.  Florent Peyre et Issa Doumbia à fond les ballons ont mis l’ambiance. Et moi j’ai un gros faible pour Bérangère Krief, la nana fun qui m’a fait rire pendant les contractions de l’accouchement. Oui oui c’est possible (je vous racontais ici). Donc la retrouver dans un film qui parle de naissance, et bien c’était une heureuse coïncidence!

 

img_4893Le film s’inspire de la fameuse légende des cigognes qui apportent les bébés, et qui pour ma part je trouve bien plus poétique que celle des choux et des roses, qui vous classe tout de suite les enfants dans un genre.

Malheureusement, la compagnie des Cigognes suite à un gros incident (un bébé non livré) a changé de secteur et livre des téléphones. Y a plein de petits piques de ce genre sur la société d’aujourd’hui, bien tournés.

Mais la lettre d’un petit garçon, qui rêve d’avoir un petit frère ninja va tout changer. Je ne vous en dit pas trop, mais en gros un bébé va voir le jour dans l’usine désaffectée.

img_4896 Junior, la cigogne qui rêve de devenir le boss de l’entreprise, et Tulip, la jeune orpheline (le fameux bébé pas livré devenu jeune fille), vont devoir faire équipe pour emmener le nouveau né jusqu’à sa famille. Ce ne sera pas simple car ils sont poursuivis par Pigeon Lerelou qui porte bien son nom, et une meute de loups totalement gagas du bout de chou.

 

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J’ai vraiment passé un très très bon moment. C’était mon premier cinéma depuis la grossesse et j’ai savouré. Comment ça je suis maso d’aller voir un film sur les bébés alors que je pouvais être un peu tranquille?

J’ai beaucoup ri. Je nous ai reconnu avec l’ogre dans beaucoup de scènes. Et j’avoue j’ai même pleuré d’émotion, ça je ne m’y attendais pas du tout. Bref, je suis conquise.

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Allez y en famille, ça sort demain!

 

Mes astuces de conteuse Conseils pour raconter des histoires aux enfants

Mes astuces de conteuse

On me demande souvent conseil pour raconter des histoires. Souvent, on pense que c’est plus facile avec un livre. Que de toute façon, les enfants ne tiennent pas en place. Ce n’est pas totalement faux, c’est plus simple pour prendre confiance d’avoir un livre comme support mais c’est tellement chouette de se laisser aller à rêver. Et puis finalement, le conte c’est un vrai temps calme et un moment de complicité.

Je vais vous livrer ici quelques unes de mes astuces. Celles que je donne à mes amies qui ont envie de se lancer. Vous avez peut être lu mon parcours ici vendredi, je suis autodidacte donc je ne prétends pas par là vous donner un cours magistral, hein!

Ami sourd, ne passe pas ton chemin, j’ai pensé à toi aussi 🙉

*les mimiques du visage parfois jusqu’au grotesque qui appuient les émotions

* les gestes voire le mime qui permettent de capter l’attention même des enfants les plus turbulents

* la voix que l’on module: grognement, chuchotement, souffle, silence… On alterne le volume sonore aussi.

*les chansons: alors là franchement c’est vous qui voyez. Si vous n’êtes pas à l’aise, laissez tomber. Moi j’aime bien fredonner un peu ou chanter une comptine, ça recaptive les enfants tout de suite quand il y a une baisse d’attention.

*le rythme: ça passe par la voix déjà débit lent ou accéléré selon les passages de l’histoire. Mais on peut aussi marquer le rythme des pas par exemple en tapant sur le sol avec les enfants.

* les interractions avec les enfants: leur poser des questions, les faire réagir à l’histoire (à manier avec précautions avec les enfants bavards, sous réserve de perdre le fil)

*la liberté: c’est ce que j’aime avec le conte, rien n’est figé. On peut modifier l’histoire autant que ça nous plaît .

* ne pas avoir peur du ridicule: se rappeler que c’est aux enfants que l’on raconte (les grands on s’en fiche). Si vous n’avez peur de rien, enfilez carrément un déguisement.

*lâcher prise: plus facile à dire qu’à faire. Mais a priori vous allez sans doute raconter des histoires uniquement à vos enfants ou des enfants qui vous sont proches donc pas de pression. Il n’y a pas d’oscar à la clé!

* s’amuser: c’est sans doute le plus important ! Raconter une histoire si vous en avez envie. Ne le faites pas à contre coeur. Les enfants le sentent tout de suite.

*Laisser gré à votre imagination. Ce qui m’aide moi c’est de visualiser ce que je raconte. Je me fais comme une projection de cinéma mentale et je mets des mots sur ce que je vois. Les décors par exemple.

*croire aux fées! Ça c’est pas moi mais Peter Pan qui l’a dit.

Avis à mes lecteurs sourds ou malentendants et/ou dont les enfants le sont+ Avis aux entendants ouverts d’esprit = Avis pour tous mes lecteurs donc 😉: 

Les expressions du visage exacerbées remplacent à merveille les intonations de la voix. On peut très bien conter des histoires en langue des signes. Je ne suis pas de ceux qui pensent que la LSF est un pauvre substitut au français parlé. Au contraire c’est une vraie richesse.

J’ai d’ailleurs depuis la rencontre avec l’ogre l’envie d’intégrer de plus en plus de signes en LSF dans mes histoires. J’ai remarqué avec les années combien le geste dans le conte, comme au théâtre, servait la narration et permettait aussi à l’enfant de faire partie intégrante de l’histoire en reproduisant lui même le geste. J’ai pour l’instant vu un seul spectacle pour enfants en langue des signes françaises. C’était au tout début où j’apprenais cette langue. Autant vous dire que je ne comprenais pas grand chose mais j’étais fascinée. Et puis, le jeu de scène du comédien Ludovic Ducasse était tellement fort que je n’ai pas vu le temps défiler. J’ai fait une première tentative en juin dans une crèche à Puteaux où l’équipe est sensibilisée à la LSF et l’intègre dans son projet pédagogique. J’avais ajouté quelques signes à mon conte et une petite ritournelle qui a bien fonctionné (enfin je crois).

Autre projet, j’aimerai mettre en forme toutes ces histoires que j’ai conté pendant d’innombrables anniversaires d’enfants. Les coucher sur le papier pour ne pas les perdre, peut être même les illustrer.

Voilà, vous savez tout!

Conte au musée du quai branly

Je suis conteuse d’histoires.

Tout à l’heure, j’étais en train de raconter une histoire à petite ogresse, et puis en la voyant se marrer devant mes mimiques, je me suis dit que j’aimerai bien partager ça avec vous.

Sur la photo de profil de ce blog, j’ai écrit que je suis « conteuse depuis toujours. » Mais je ne vous ai jamais vraiment expliqué ce que j’entendais par là. Je vais donc vous raconter un peu de mon histoire

Il était une fois…

Non! Je plaisante!

Je crois que j’ai toujours raconté des histoires. A mes peluches, mes poupées, ma famille, mes amis. A peine rentrée de l’école, j’enfilais un déguisement: princesse, indienne, fée, ect…selon l’humeur. Pas un soir sans que ma maman me lise une histoire. Me priver du livre avant le coucher, c’était la pire punition que l’on pouvait m’infliger. J’ai commencé à faire du théâtre  dans la troupe de mon village. J’adorais être sur scène. Je vivais le texte. J’avais plusieurs vies. J’entrainais mes copines dans mes aventures et on montait des spectacles pour les enfants de l’école, pour les parents. Je n’avais peur de rien.

Et puis ma maman est partie rejoindre les étoiles. J’étais ado. Je me suis barricadée dans ma chambre et j’ai dévoré tous les livres qui me passaient sous les yeux. Vidé toutes les bibliothèques de mon entourage. Mais j’ai surtout vue l’étincelle disparaître des yeux de mon petit frère. Il était encore si petit. Alors je lui ai inventé des histoires inspirées du Seigneur des anneaux, j’ai rétabli le rituel du livre du coucher, je lui ai fabriqué des anniversaires farfelus avec des gâteaux en forme de hérisson et des parcours du combattant dans le jardin familial.

C’est pour cela, au passage, que le personnage principal de mes histoires porte son prénom.

Raconter des histoires ça a aussi été mon arme magique pendant les nombreuses heures de baby sitting qui me faisait gagner un petit peu d’argent de poche. Les enfants étaient sages. Le coucher plus facile. Alors j’ai continué mon chemin sur cette voie…

Depuis le lycée, j’avais envie de travailler en musée. Me voilà donc à 20  ans pour mon premier stage de médiation culturelle. Pas des moindres: au palais de Tokyo. Mes chefs ne se sont pas embarrassés: pour le conte dédié aux enfants de 3 ans, je me suis retrouvée avec une pauvre feuille sur laquelle il y avait 2 lignes de trame.  Ayant pour seule formation d’avoir vu une médiatrice faire un conte, il a bien fallu y aller. Et ça m’a plu. Plus que ça: j’ai adoré.

Après ce stage, j’ai donc créé L’ogresse de compagnie. Avec ce blog en ligne et mon statut d’auto entrepreneuse, j’ai parcouru les quatre coins de l’île de France pour raconter des histoires , que j’avais inventé pour les enfants, lors d’anniversaire. Ça m’a payé mon master d’arts plastiques, puis mes études d’art thérapeute. Être conteuse m’a ensuite permis de survivre pendant ces années de choux maigres où j’étais médiatrice culturelle dans différents musées.

« Je suis conteuse. » C’est ce que j’ai répondu à la psychologue qui essayait de me coincer lors de mon examen final pour mon diplôme  d’art thérapeute. Elle m’avait demandé qu’est ce que j’étais. Cette réponse nous a toutes deux prises au dépourvu. Moi, c’était la première fois que finalement j’assumais vraiment cette part de moi. Maintenant c’est un étendard . Ce n’est pourtant qu’une partie des professions que j’exerce.

Qui est tu? Que fais tu dans la vie? C’est quoi ton travail?

Voilà des questions auxquelles je suis bien en peine de répondre en ce moment. Jeune maman, ma vie a beaucoup changé. Ma grossesse et mon employeur m’ont conduit à un congé parental forcé. Je ne me sens pas maman au foyer, car ce n’est pas un choix. Je ne me sens plus médiatrice culturelle puisque pour le moment je ne travaille plus. Et ça me pèse.

Mais en écrivant sur ce blog, en bavardant avec mes amis, en jouant avec ma fille, la réponse est sans doute là: je suis conteuse.

 

PS: je m’aperçois qu’en vraie conteuse j’ai été très bavarde. Du coup, je n’ai pas partagé avec vous quelques astuces pour raconter des histoires. Je me rattraperai lundi sur le blog. Promis, juré, crâché!

 

© Un de mes contes pour l’exposition La route jeux au musée du quai branly, photographié par Julien Brachhammer